Le Nord de la France a gardé de nombreuses traces de ces quatre années de guerre marquées d’une violence extrême : tranchées, nécropoles, bâtiments détruits se laissent encore apercevoir dans le paysage contemporain. 44 mairies, 45 églises, 17 écoles ont été entièrement reconstruites à l’image des bâtiments anciens pour certains. D’autres ont été prétexte à de nouvelles expérimentations architecturales. La vague de reconstruction qui suit le conflit a entrainé la mise en place de formes architecturales originales et parfois uniques.

Rendez vous sur le site dédié à cet inventaire:

reconstruction.cc-sudartois.fr


Ce projet est l’aboutissement du travail d’inventaire des édifices publics, églises, écoles et mairies menés dans quarante-quatre communes du territoire en lien avec le conseil général et coordonné par l’office de tourisme du sud Artois (OTSA). Lucie Bailleul, pour les recherches et Olivier Joly, pour les illustrations photographiques ont mis en valeur cet inventaire.

 

2 circuits de visite vous sont proposés en lien avec l'association "Le Joyel" et la Département 62

 Circuit pédestre autour de Vaulx-Vraucourt

 Circuit cyclo autour de Hermies et Rocquigny

La Reconstruction

Au lendemain de la guerre, l’Artois n’est qu’un vaste champ de ruines. La Reconstruction entraîne de profonds bouleversements dans le domaine de l’urbanisme. Il s’agit d’une période de recherche stylistique sous le dénominateur commun de l’Art Déco, caractérisé par la récurrence des motifs floraux stylisés et la géométrisation des formes.  Détruites ou mutilées, les villes du Nord de la France constituent un terrain propice aux expérimentations et l’Art Déco connait un véritable engouement à la fin des années 20 et au début des années 30, notamment dans le Sud-Artois.

L’Hôtel de ville de Bapaume

En 1918, le Nord et l’Est de la France sont détruits, mais la République a triomphé. Dans les villes et villages du Sud-Artois, mairies et écoles constituent deux symboles que la IIIème République entend magnifier. Trônant sur la place Faidherbe, l’hôtel de ville de Bapaume est l’œuvre d’Eugène Bidard. Achevé au début des années 1930, il est bâti sur l’emplacement du précédent hôtel de ville, dont la construction datait du XVIIe siècle. Si l’ensemble n’est pas la copie conforme du précédent édifice, l’architecte a tout de même voulu établir une filiation entre les deux bâtiments. Le beffroi a été conservé et les bâtiments s’inspirent de l’architecture flamande avec l’association brique et pierre.

Cliquez sur l'image pour zoomer
Hôtel de Ville de Bapaume

La Reconstruction : les églises entre unité et diversité

Lors de la Reconstruction, les architectes favorisent trois types de matériaux dans le but de limiter les coûts. On retrouve alors la brique rouge typique du Nord de la France, parfois employée en alternance avec une pierre poreuse blanche, réminiscence de l’architecture de la Renaissance et du baroque flamand. La pierre rose est aussi utilisée dans certains villages du territoire. Enfin, le béton fait son apparition au lendemain de la Grande Guerre. En effet moins coûteux et plus solide, il connait un grand succès au lendemain de la guerre.

Cliquez sur l'image pour zoomer
Église de Beaumetz-les-Cambrai

Eglise Notre-Dame de Rocquigny

Pour l’église de Rocquigny, l’architecte Jean-Louis Sourdeau fait preuve d’une audace particulière dans la réalisation du clocher. L’architecte s’inspire des œuvres de ses contemporains pour la réalisation du clocher, Gustave et Auguste Perret qui ont travaillé à l’église Notre-Dame du Raincy (Seine-Saint-Denis). Le projet du clocher témoigne d’une grande créativité de la part de l’architecte ; il en dénude toute la structure en la réduisant à un simple jeu géométrique.

Eglises Saint-Martin et Saint-Omer de Vaulx-Vraucourt

Une reconstruction à l’identique de l’église Saint-Martin est décidée par la population. Reconstruite sur les mêmes fondations en 1934 par Paul Decaux et Étienne Crevel, l’église reprend le style de l’édifice précédent. Par contre, l'église Saint-Omer aux formes géométriques est très différente de l’ancienne construction gothique. Le nouveau sanctuaire comporte un porche et un clocher coniques. Les motifs Art Déco s’épanouissent sur le tympan avec des losanges en briques mais aussi à l’intérieur sur le balcon de la tribune. Dès l’entrée, le visiteur est frappé par la charpente en béton aux formes géométriques.

Cliquez sur l'image pour zoomer
Église Saint-Omer de Vaulx-Vraucourt

Eglise Saint-Vaast – Douchy-lès-Ayette

L'édifice antérieur était situé dans l'enclos de l'ancien cimetière et servait de chapelle seigneuriale privée. L'église a été entièrement détruite par des mines ainsi que tout le village. A la fin de la guerre, on prévoit que le nouvel édifice soit construit au centre du village. Jean Pelée De Saint-Maurice, décide de proposer un édifice architectural novateur  la présence des deux tourelles coiffées en poivrières jouxtant la tour-clocher, fait de cette église un exemple unique dans la région, évoquant la forteresse médiévale mais dans une interprétation toute personnelle par l’architecte.

Cliquez sur l'image pour zoomer
Église de Douchy-les-Ayette

Notre-Dame d’Hermies

L’église Notre-Dame d’Hermies est reconstruite sous l’impulsion des architectes Paul Decaux et Étienne Crevel. Contrairement à l’église précédente, le nouvel édifice particulièrement intéressant dispose d’une coupole qui comporte une rangée de 28 vitraux blancs. A l’intérieur, l’absence de colonnes donne une impression d’espace et de volume. Le tympan de la façade principale, particulièrement intéressant, comporte 6 bas-reliefs représentant des anges agenouillés.

Contacter l'Office de Tourisme

Plusieurs moyens pour contacter l'Office de Tourisme

Par téléphone

03.21.59.89.84

Horaires d'ouverture

du lundi au samedi de 9h30 à 12h30 et de 14h à 18h

Se rendre à l'Office de Tourisme

10, place Faidherbe
62450 BAPAUME

Ecrire à l'Office de Tourisme